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« Les électrons, les protons et les neutrons qui composent nos atomes dansent en permanence une petite danse. Et bien, le rythme de cette danse, c’est Dieu ! » (Yogi Bhajan).

La Kundalini serait une énergie lovée à la base de la colonne vertébrale, et le long de laquelle elle s'éleve lorsqu'on la sollicite. Cette montée de la Kundalini génère entre autres, une sensation de vitalité qui peut réconcilier profondément avec la vie. Elle éveille également notre faculté naturelle à plonger dans l'instant, qui génère lui-même une source de joie simple.

Le Kundalini yoga a deux particularités qui le relient au Tantra,, celle de pacifier sexualité et spiritualité, et l'autre de mettre l'accent sur notre propre expérience. C'est pourquoi il est souvent dit "qu'une once de pratique vaut mieux qu’une tonne de théories" (la théorie peut être alors considérée au mieux comme une invitation à la pratique, ou encore autrement dit, "les mots ouvrent des portes, mais qu'il nous faudra bien un jour franchir avec le corps).

Evoquer le Kundalini yoga provoque encore parfois un effet assez vif, sans doute à cause des supposés dangers liés à sa puissance. 
La technique remonterait de la nuit des temps (5,6, ou 7000 ans selon les sources), miraculeusement conservée grâce à une transmission de bouche à « oreille » appelée « la chaîne d’or ». Le mot « Oreille » au singulier symbolise le Maître qui se penche vers l'oreille du disciple pour préserver le secret. 
Le mot "chaîne" lui, dont le symbole n'est pourtant pas apaisant, assignerait en fait à chacun des maillons, la "lourde" tâche d'en accompagner un autre un peu plus loin qu'il ne serait allé seul.

La puissance du Kundalini yoga a mauvaise réputation, ce qui peut peut-être se  justifier si vous pratiquez en dehors d'une "lignée", dont le pouvoir discret est de diriger votre évolution vers une simplicité profonde. C'est une forme de puissance à laquelle nous ne sommes pas habituée. La pratique favorise des expériences dans lesquelles les oppposés se rejoignent, pour nous faire expérimenter une troisième voie souvent très inatendue.

Le kundalini yoga est entouré de mystères et secrets jusqu'en 1969, en pleine invasion Hippie, quand un maillon de la chaîne initiatique décide « par compassion pour l’état actuel du monde", qu’il est temps que les bénéfices du Kundalini Yoga puissent profiter à tous.
Cet homme, Yogi Bhajan, nous dit alors : « La Kundalini est Yogi Bhajan la conscience créatrice qui nous habite tous, pourquoi serait-il dangereux de l’éveiller puisqu’elle est déjà en nous ? ».

Il prévenait quand même que le Kundalini Yoga devait absolument être pratiqué et enseigné dans l’humilité et le respect (C'est là que le bas blesse selon moi, car ces deux qualités n'apparaissent véritablement qu'après un gros investissement dans la pratique. Avant cela, elles ne représentent en fait qu'un nouveau système de valeur que l'ego comprend bien qu'il est important d'atteindre, phénomène très difficile à déceler soi-même sur soi-même. Et c'est là que l'importance du maître intervient. En résumé on pourrait dire cela d'une manière différente : "qu'y a t-il de plus prétencieux que de vouloir être humble ?"). 

A la fin des années 60, Yogi Bhajan  donne donc en Californie le premier cours public de Kundalini Yoga à des occidentaux, des « hors castes », des « in enseignables ». Ce qui est considéré dans le milieu comme une hérésie. L’une des techniques les plus puissantes de développement spirituel est enseignée à n’importe qui, des déséquilibrés, des drogués ? Et la Science du Kundalini Yoga se répand ainsi en Occident, et il est aujourd’hui très simple de suivre un enseignement de Kundalini Yoga sérieux et authentique, sans secrets ni monopole de castes... et plus besoin de passer 20 ans auprès d’un Guru avant de recevoir un Kriya (ensemble complet de postures).

Yogi Bhajan qualifie le Kundalini yoga de « catalyseur créatif », de technique permettant l’expression du meilleur en chacun de nous. Les postures stimulent les organes, permettent de conserver un corps sain, un équilibre émotionnel, et ont pour but l’illumination. A noter que Yogi Bhajan était Sikh, mais que le Kundalini Yoga n’est pas attaché à une quelconque religion (peut-être même bien au contraire, s’il est relié tant que ça au Tantra). Les Sikhs indiens ne pratiquent d’ailleurs pas le Kundalini Yoga. Egalement, la FTKY (Fédération Tantra Kundalini Yoga) enseigne la technique sans y intégrer aucunement quelque religion que ce soit, bien au contraire. 
Il existe ainsi en France deux fédérations de Kundalini yoga : la FFKY issue des enseignements de Yogi Bhajan, et qui a conservé la religion sikh dans son approche de la pratique, et la FTKY, qui se défend de tout dogme et toute religion, remplaçant ces derniers par un travail thérapeutique fortement impliquant (le but est le même, la voie différente).


Le kundalini yoga est également intimement lié au tantra blanc. Dans la forme c'est en tous cas assez flagrant. Peu après son arrivée en Occident, Yogi Bhajan "a reçu" ce que l’on appelle "le pouvoir du Tantra Blanc", et devient donc le « Mahan tantrique », c'est à dire le dépositaire de ce pouvoir ! On aborde ici un domaine dans lequel il convient de laisser son esprit s'ouvrir à l'incompréhensible (lorsque c'est possible) pour pouvoir approcher le sujet sans déclencher des répulsions féroces. Traditionnellement, il ne peut y avoir qu’un seul Mahan Tantrique à la fois sur la Terre (truc invérifiable). A la mort de l'un d'eux, la transmission se ferait de manière verticale (sans intermédiaire), et  un autre Maître reçoit le pouvoir. Qui ?
Apparemment, le premier critère serait de créer un nouveau Dharma (la forme de l’enseignement). C’est en effet ce qui s’était passé pour Yogi Bajhan qui n’avait effectivement pas copié le Sikh Dharma qu’il a transmis, et de même pour le Lama tibétain qui détenait ce pouvoir avant Yogi Bhajan. 

Le tantra blanc est présenté comme développant une puissance "mille fois supérieure à un cours de Kundalini Yoga, dont il serait la quintessence" (Anand Sharabi). Ce qui est sûr, c'est que le rituel peut plonger dans des espaces qui donnent parfois une petite impression de n’avoir même pas la conscience disponible pour réaliser clairement ce qui se passe en réalité (comme lorsque l'on est ivre ?). C'est un peu comme si on s’apercevait bien qu’il se passait quelque chose, mais que le choc en lui-même provoquait également une sorte d’ivresse qui rend difficile l’observation claire du phénomène. Quoi qu'il en soit, la technique est aujourd’hui accessible à qui veut (festival tantra alchimie), ce qui est incroyable  ! Le tantra blanc ça décape,  normal, vu la durée des postures. On sait par exmple qu'un « Venus Kriya » (yoga à deux) ne peut théoriquement être pratiqué plus de 3 minutes. Or, durant le Tantra blanc ce temps est allègrement dépassé dans la joie et la bonne humeur (du moins quand c’est fini), ce qui favoriserait nous dit-on "la levée de verrous subconscients, et la re-programmation d’habitudes mentales et émotionnelles". Le tout sans risque puisque le « corps radiant » du Mahan tantrique garantit "l’absorption de la psyché des participants dans la psyché universelle". Tout un programme.

Il nous faut maintenant arriver ici à Anand Sharabi.
Anand Sharabi a rencontré le Kundalini Yoga (et Yogi Anand Sharabi Bhajan) à Hongkong, où il enseignait le français. Yogi Bhajan lui a rapidement proposé de venir aux Etats-Unis suivre la formation de professeur de Kundalini Yoga. Et malgré sa difficulté avec l’aspect religieux du Dharma de Yogi Bajhan, Anand Sharabi est parti pour les Etats-Unis.
Plus tard, toujours aussi perplexe face à cet aspect religieux, il demande à Yogi Bajhan s’il est possible de vraiment continuer à avancer avec cette réticence. Yogi Bhajan lui répond en lui donnant un nom spirituel, et en lui demandant de créer en France, un Ashram en son nom pour adapter son enseignement à ces foutus français qui l’intriguaient. 

Anand Sharabi
crée alors le premier Ashram de Kundalini Yoga en France (à Bordeaux) : « Guru Ramdas Ashram ». Il en profite pour encore essayer d’apprivoiser un peu le côté religieux du Dharma de Yogi Bhajan et se met  le turban, se laisse pousser la barbe et les cheveux, suit et enseigne la diététique Sikh... Mais adhérer totalement à l’enseignement de Yogi Bajhan impliquait aussi de se fondre dans une identité spirituelle de groupe qui lui était vraiment difficile. C’est à ce moment qu'il rencontre Osho Rajneesh et son enseignement, avec lesquels il se sent cette fois, totalement en adéquation. Et il devient Sannyas d’Osho.

Un an plus tard il retourne encore à Loches pour le Tantra blanc,  avec le projet "d'avouer" à Yogi Bhajan qu’il avait été attiré par un autre enseignement. Le stage se déroule, et pendant la préparation au Tantra blanc, Yogi Bhajan lui fait signe de venir. Ils descendent de l’estrade et se rendent dans un champ à côté : "Et là Yogi Bhajan me dit des choses, mais tellement fortes, que ça m’a un peu assommé. Après, peu à peu, je me suis remémoré ce qu’il m’avait dit, mais pas tout, dans l’essence c’était : « voilà, un jour tu feras ce que je fais, il y aura énormément de monde, il faut que tu t’y prépares ». Il m’a dit beaucoup d'autres choses mais je n’ai pas retenu, enfin, dans ma mémoire. Après je suis revenu dans les lignes, on a fait le Tantra blanc normalement. Voilà, et à partir de ce jour là, je ne l’ai plus jamais revu".

A la suite de cette anecdote, Anand Sharabi fait diverses expériences qui le conduisent finalement à créer lui aussi son propre Dharma : le Kundalini Yoga dans un écrin habité par l’énergie d’Osho. Il comprend également qu’il n’y a finalement pas de séparation essentielles entre l’enseignement de Yogi Bajhan et celui d’Osho : travail sur l’énergie, notion des chakras, pas de renoncement à la sexualité, une initiation au centre des deux démarches, la place prépondérante de la famille spirituelle, le culte du féminin (la femme en tant que dépositaire de la spiritualité), et enfin, cette finalité commune de relier directement l’individu sans intermédiaire. Il ne trouve en fait de différences principales que dans la forme : discipline, aspect religieux, et engagement de la volonté dans le Dharma de Yogi Bajhan, et place prépondérante de la thérapie dans celui d’Osho.

Yogi Bajhan disait que le tantra blanc ne peut pas être sur deux personnes à la fois. Concrètement, Anand Sharabi donne son premier Tantra blanc l’année même où Yogi Bhajan arrête (le rituel est alors dispensé à travers une vidéo). Et ensuite ainsi tous les ans pendant deux fois sept ans (jusqu’en 2004), date à laquelle Yogi Bajhan quitte son corps.
Après la mort de Yogi Bhajan, Anand Sharabi comprend alors que ce rituel du Tantra blanc qu’il donnait depuis quatorze ans, n’était en fait qu’une préparation et présente à partir de cette date son école du Tantra comme incarnée et manifestée, et permettant donc du même coup aux personnes qui s'y impliquent, de monter réellement de l’incarnation et de l’identité, vers le spirituel : « La création est ainsi faite qu’elle va d’abord de l’esprit vers la matière, pour faire ensuite le chemin inverse de la matière vers l’esprit, et retourner vers son créateur. L’esprit s’incarne dans une forme, et si cette forme est "vivante", alors elle remonte ensuite vers son créateur. Il y a donc un cycle d’involution, puis d’évolution. Et c’est ce qui s’est passé pour l’école du Tantra, Il y a eu une expérience spirituelle, plan depuis lequel l’école a ensuite évolué vers un plan matériel d’incarnation qui est aujourd’hui posé : c’est le Dharma » (Anand Sharabi).

Anand Sharabi présente le Tantra blanc comme une puissance extrêmement concentrée de guérison qui agit très profondément dans l’être à tous les niveaux, et surtout sur les Karmas les plus anciens (les plus difficiles à déloger). "Une séance de tantra blanc accélère le processus évolutif de la personne, et ce d’autant qu’elle s’est avancée sur la voie et pratique la Sâdhanâ. La puissance dispensée est proportionnelle à votre investissement. C’est un cadeau, qui avec l’initiation, constitue un mélange extrêmement puissant ".

Concrètement, lors d’un Tantra blanc les participants sont disposés face à face, une ligne d’hommes en face d’une ligne de Femmes, et il semble qu’il doit y avoir toujours plusieurs lignes.
 
tantra blanc

Chaque participant est pieds nus, habillé en blanc, et voit donc à gauche et à droite un membre du même sexe, et en face un membre du sexe opposé. Avec Anand Sharabi, les genoux des participants doivent se toucher avec les partenaires en face et sur les côtés, alors que Yogi Bhajan n’insistait apparemment pas sur ce point. Dans les deux cas, l’alignement doit cependant être parfait au possible. Yogi Bhajan, en tant que chef spirituel des Sikhs, imposait aussi le port du Turban.
Il convient ensuite de garder sa place quoi qu’il arrive en suivant les instructions, et de tenir bon.  Une séance de Tantra Blanc dure en effet plusieurs heures, ce peut donc en très éprouvant, mais aussi ne pas l’être, bien au contraire. Les exercices ressemblent assez à ceux que l’on pratique en Kundalini Yoga, avec des sensations qui dépassent parfois l’entendement, ce qui n’est pas le but comme on nous l’a dit souvent. Il y est apparemment indispensable de se retrouver indéfiniment les bras en l’air en prononçant des mantras, et si on a du mal à parfois oublier ce foutu temps qui ne passe apparemment pas, on a tout le loisir alors de se demander avec terreur si ça s’arrêtera un jour. Ce qui force à transcender le corps et tout le reste. Mais l’expérience est unique, en tout cas ne ressemble à rien d'autre à ma connaissance, ce qui, il est vrai est également le propre théorique de chaque simple seconde de notre quotidien.

Le Tantra s’est récemment ouvert à l’occident surtout grâce Osho Rajneesh qui, contrairement à Yogi Bhajan, n'était vraiment pas bien vu par les autorités en général (poursuivi par Interpol, mis en prison, et apparemment empoisonné par la C.I.A).
Selon la tradition vajrayana, les tantras proviennent directement du Bouddha Shakyamuni. On y trouve une description la plus précise du corps subtil, des centres d’énergie (chakras) et des forces telles que la kundalinî agissant à travers eux. C’est ici que Kundalinî-Yoga et Tantra blanc se relient au Tantra.

Littéralement, tantra signifierait : « La science de l’expansion de la conscience et de la libération de l’énergie ». Cette métaphysique repose sur deux principes symbolisés respectivement par Shiva et Shakti qui, bien que portant des noms venant de l’hindouisme, ne sont pas assimilés à ses dieux. 
"Le tantra ne peut prendre sens que dans l’expérience. L’expérience est ce qui caractérise la démarche tantrique. C’est pour cela que le tantra propose tant de définitions : ainsi on peut y capter l’essence du message, qui ne se laisse en fait enfermer dans aucune définition".
« La caractéristique du tantra, c’est de dire que l’énergie doit être libérée, plutôt que domestiquée ou réprimée : c’est la prospérité de toutes les dimensions de votre être, et sans contradiction les unes avec les autres. Ce n’est pas, par exemple, cette idée judéo-chrétienne qui dirait que si l’on prospère matériellement, alors on ne peut pas prospérer spirituellement. Le tantra dit tout le contraire, il faut prospérer, et même il faut commencer par prospérer matériellement car il est plus facile de commencer par le bas que par le haut. Et ce n’est que lorsque l‘on n’a plus faim ni soif et que l’on est à l’abris dans sa maison et bien dans son travail, que les autres questions émergent réellement et naturellement. Prospérer, c’est simplement libérer une énergie. On peut prospérer sexuellement, prospérer au niveau de notre identité. Et pourquoi réprimer cela ?
Le tantra c’est aussi la célébration, la vie dans son aspect festif. Par opposition à ces images de contrition, de pénitence et d’austérité véhiculées par la religion. Le tantra c’est le culte de la vie plutôt que de la mort après laquelle on accèderait ou non au paradis.
L’attitude tantrique véhicule aussi une autre idée forte : l’acceptation. Alors que dans la religion on trouve plutôt l’idée du péché, le tantra ne connaît pas la notion de bien et de mal
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Il y a autant de "tantras" qu’il y a de maîtres tantriques car le but du Tantra est d’incarner l’homme là où il se trouve. Or chaque peuple, chaque période chaque culture, a des particularités propres qui nécessitent une incarnation spécifique   de l’essence du Tantra, c’est le travail du Maître à travers le Dharma, qui met en forme son expérience du tantra pour la rendre accessible aux êtres qui l’entourent. C’est pour cela qu’il y a un tantra tibétain, un tantra indien. La démarche est la même, la finalité aussi. En outre, il y a des formes de tantra qui ne s’appelle pas tantra. Le chamanisme par exemple, est tantrique, le soufisme également, ainsi que les gnostiques, les cathares... L’esprit tantrique s’adapte au lieu et au temps
» (Anand Sharabi).

Ainsi, au VIIIe siècle, un moine japonais nommé Kûkai découvrit un exemplaire du maha-vairocana tantra, et alla en Chine pour en approfondir le sens. À son retour il adapta l’enseignement aux japonais et  l’appela Shingon (parole vraie ou mantra). Kûkai initia ensuite notamment Saichô, le fondateur de Tendaï, dotant ce courant d’une composante tantrique totalement absente du Tiantai chinois.  Et c’est de cette école qu’est issu le fondateur du Zen.



« l ‘Homme n’est pas né libre, mais pour se libérer ! » (Gourou Nanak).
 
 

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